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CE QUI S’ENSEIGNE EN KARATE : LE SAVOIR D’EXPERIENCE, DE LA COMPETITION A L’ENTRAINEMENT (Denis LOIZON, Anaïs LOIZON)
LOIZON Denis,
MC STAPS, IUFM de Bourgogne, Laboratoire de Socio, Psycho et Management du sport (EA 4180)
Université de Bourgogne, France
denis.loizon@dijon.iufm.fr + 03 80 76 94 07
Adresse professionnelle
IUFM Centre de Dijon - 51 rue Charles Dumont - 21000 Dijon - FRANCE
LOIZON Anaïs,
Étudiante Master, UFR Lettres, département Lettres et Philosophie,
Université de Bourgogne, France
Adresse professionnelle
UFR Lettres - Campus universitaire, Boulevard Gabriel - 21000 Dijon - FRANCE
Résumé : L’étude que nous présentons s’inscrit dans une recherche en didactique clinique plus large, portant sur les savoirs enseignés en karaté. Les savoirs plus spécifiques à la compétition trouvent leur origine dans un constat réalisé par un entraîneur de karaté : en compétition, les arbitres ne comptabilisent pas les mêmes points selon les moments de la journée. Ce constat produit une cascade de décisions pour l’entraîneur qui est amené à coacher les combattants ; les plus importantes touchent les domaines suivants :
• le choix des situations d’entraînement avec des contenus spécifiques selon les combattants ;
• la mise en place d’un « bilan de compétences » auprès de ses élèves karatékas.
Ces choix particuliers en direction des compétiteurs structurent également l’ensemble des cours donnés par ce professeur. Ils s’inscrivent dans une conception personnelle de l’enseignement du karaté qui trouve ses origines dans l’histoire du sujet.
Mots clés : compétition, didactique, entraînement, expérience, karaté, savoir.
1 – INTRODUCTION
Dans le cadre d’une recherche en didactique, nous essayons de mettre en évidence les savoirs qui sont réellement enseignés en karaté. Dans cette communication, nous nous intéresserons plus particulièrement à un aspect qui s’appuie sur un savoir d’expérience construit par un professeur de karaté qui engage de nombreux combattants en compétition. Celui-ci fait le constat qu’il existe une grande variabilité de la comptabilité des points par les arbitres selon les moments de la journée. Ce constat a des répercussions importantes sur le contenu de ses cours auprès des compétiteurs, mais aussi en direction de tous les karatékas du club.
2 – CADRE CONCEPTUEL
Notre travail de recherche s’inscrit dans le champ de la didactique clinique (Terrisse, 1999) qui tente de mettre en évidence les savoirs enseignés/transmis par les enseignants dans diverses institutions (scolaires ou fédérales). Pour décrire et comprendre les faits didactiques, nous nous appuyons également sur une théorie du sujet avec des études « au cas par cas » pour rendre compte de la complexité de l’acte d’enseignement. Il s’agit d’une étude clinique auprès d’un enseignant de karaté. La notion de « clinique » est ici utilisée « au sens d’approche en sciences humaines, sans visée de soin » (Yelnik, 2005).
3 – METHODOLOGIE
Pour cette étude de cas auprès d’un professeur de karaté, nous utilisons trois modes de recueil des données : des entretiens avant les cours, des enregistrements vidéo des cours de karaté, et des entretiens post séance réalisés immédiatement après les cours.
Pour débuter cette étude sur le karaté, nous avons procédé à une série d’une dizaine d’entretiens semi-directifs ou très libres avant les enregistrements vidéos. C’est au cours de l’un de ces entretiens que le professeur nous a fait part de ce constat qui structure aujourd’hui une bonne partie de ses cours de karaté.
4 - RESULTATS
Ce constat initial amène le professeur à faire des choix très précis au plan des savoirs qui sont enseignés dans une perspective d’efficacité en compétition. Ces décisions didactiques s’opérationnalisent dans le choix des situations d’enseignement où se mêlent savoirs techniques et savoirs stratégiques en vue de la compétition. Le « bilan de compétences » dans ces différentes formes (en fin de cycle d’entraînement, avant la compétition et post combat) résulte également de ce souci d’efficacité.
4 - CONCLUSIONS
Au-delà des savoirs personnels convoqués au travers du constat et des modalités d’entraînement très spécifiques pour les compétiteurs, c’est une vision singulière de l’art martial qui est transmise à ces élèves par ce professeur. Derrière la forme technique se cachent des valeurs liées au budo, mais aussi des valeurs très personnelles héritées de l’histoire du sujet comme nous avons déjà pu le montrer chez les professeurs de judo (Loizon, 2004).
Bibliographie
Loizon, D. (2004), Analyse des pratiques d’enseignement du judo : identification du savoir transmis à travers les variables didactiques utilisées par les enseignants en club et en EPS. Thèse de doctorat en sciences de l’éducation, non publiée, université Paul Sabatier, Toulouse III.
Terrisse, A. (1999), La question du rapport au savoir dans le processus d’enseignement-apprentissage : le point de vue de la clinique, Carrefour de l’éducation, n° 7, janvier-juin, 62-87.
Yelnik, C. (2005), L’entretien clinique de recherche en sciences de l’éducation, Recherche et Formation, n°50, 133-146.
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