JOurnées de Recherches et de Réflexions sur les Sports de Combat et les Arts Martiaux

MODELISATIONS ET SIMULATIONS DES DISTANCES ET ROTATIONS DE L’ATTAQUANT LORS DE L’APPROCHE ET LA SAISIE DE L’ADVERSAIRE DANS LES COMBATS EN JUDO (Michel CALMET)

CALMET Michel
Professeur d’éducation physique
Faculté des Sciences du Sport de Montpellier
JE 2516 Santé Education et Situations de Handicaps
michel.calmet@univ-montp1.fr, + 33 6 88 47 54 82
Adresse professionnelle
Faculté des Sciences du Sport - 700 av. du Pic saint Loup - 34090 Montpellier - FRANCE


Résumé : L’observation des compétiteurs adverses est une activité importante. Connaître à l’avance leurs comportements permet de construire par anticipation des solutions qui renforcent l’efficacité du combattant. Dans les combats de judo les deux combattants sont amenés à se saisir, à se déplacer sur le tapis et à attaquer. Les saisies, positions du combattant par rapport au tapis et les distances entre judokas évoluent. Les attaques sont tentées dans plusieurs directions et complémentaires entre elles, leur nombre varie de 4 à 6. Ces saisies, déplacements et attaques représentent le système d’attaque du judoka. Relever ces paramètres fournit des informations pour l’entraineur, et pourrait mettre en évidence d’un point de vue théorique, qu’un combat de judo peut être assimilé à un système qui oscille entre des états stables et instables :
• Pour les judokas de haut-niveau le système serait instable pour la saisie – stable pour les attaques.
• Pour les judokas débutants le système serait stable pour la saisie – instable pour les attaques.
La modélisation révèle les rotations de l’attaquant autour de l’adversaire avec des différences :
• Débutants : travail prépondérant au centre, peu de ruptures de saisies du judogi
• Haut-niveau : travail prépondérant à la périphérie, ruptures de saisies du judogi
La simulation permet de présenter des cas d’études utilisables par exemple lors des formations.

Mots clés : judo, systèmes stables-instables, modélisation, simulation.

Modelling and simulations of the distances and the rotations of the attacker during the approach and the grasps of the opponent in the combats in judo

Summary : The observation of the opposite competitors is an important activity. To know in advance their behaviours allows building by anticipation solutions that strengthen the fighter’s efficiency. In the combats of judo both judokas have to grab, to move on the mat and to attack. The grasps, positions of the combatant in relation to the mat and the distances between judokas evolve. Attacks are tempted in several directions and complementary between them ; their number varies from 4 to 6. These grasps, displacements and attacks represent the judoka’s system of attack. To store these parameters provides information to trainer, and could put in evidence from a theoretical point of view, that a combat of judo can be assimilated to a system which oscillates between steady and unsteady states.
• For high-level judokas the system would be unsteady for the grasp - steady for the attacks.
• For judokas beginners the system would be steady for the grasp - unsteady for the attacks.
Modelling reveals attacker’s rotations around the opponent with differences :
• Beginners : preponderant work on the center, few ruptures of grasps on the judogi
• High-level : preponderant work to the periphery, many ruptures of grasps on the judogi
Simulation allows to present cases of usable studies for example in training time.

Key words : judo, steady and unsteady systems, modelling, simulation.


1 – INTRODUCTION
En judo les deux combattants sont amenés à se saisir, à se déplacer sur le tapis et à attaquer. Les saisies, positions du combattant par rapport au tapis et les distances entre judokas évoluent. Un combat de judo est composé de différentes phases. Une phase commence lorsque l’arbitre annonce le début du combat, elle est terminée lorsque l’arbitre arrête le combat. Momentanément si les judokas sortent de l’aire de combat, si l’un ou les deux sont au sol et que la situation n’évolue pas.
Définitivement, quand le temps de combat est terminé ou quand un avantage décisif est marqué (le ippon). Une phase peut contenir plusieurs saisies, plusieurs attaques. La phase débute par un temps de recherche d’accrochage des mains sur le judogi de l’adversaire.

2 – HYPOTHESES
Modéliser ces phases permettrait de d’apporter de nouveaux éléments pour les entraineurs et pourrait mettre en évidence d’un point de vue théorique, qu’un combat de judo peut être assimilé à un système qui oscille entre des états stables (pas de changement) et instables (nombreux changements). Pour les judokas débutants le système serait stable lors de la prise de la saisie puis deviendrait instable lors des attaques. Pour les judokas de haut-niveau le système devrait être instable jusqu’à la mise en place de la saisie. Après celle-ci, le judoka pouvant défendre et attaquer grâce à sa saisie, le système devrait redevenir stable.

3 – METHODOLOGIE
L’attaquant est un objet qui se déplace autour d’un centre virtuel fixe : l’adversaire. Les phases étaient celles de l’arbitre, et concernent le travail debout. Seuls les vainqueurs ont été observés. Le combat est étudié image par image, on relève la position angulaire de l’attaquant et la distance entre judokas.

4 - RECUEIL DE DONNEES
9 étudiants débutants de la même année d’étude et ayant pratiqué 20h de judo dans le même cours avec le même professeur. La durée d’un combat est de 60 sec, il est stoppé quand un judoka obtient 2 avantages. Il n’y a pas de combat au sol. La phase commence au signal de l’arbitre et stoppe quand un avantage est obtenu, ou quand l’arbitre dit matté (stop), ou quand un judoka est sorti de l’aire de combat. 5 combattants internationaux de même niveau. La durée d’un combat est de 300 sec, il est stoppé par l’obtention d’un point décisif, par l’atteinte de la limite de temps, par l’abandon d’un des deux combattants. La phase commence au signal de l’arbitre et stoppe quand l’arbitre dit matté (stop), ou quand les judokas travaillent au sol.

4 - DISCUSSIONS
La modélisation met en évidence les rotations de l’attaquant autour de l’adversaire. Les hypothèses semblent vraies pours les débutants, en partie vraies pour le haut-niveau.
Débutants : Le couple de combattants pourrait être assimilé à un système stable-instable. Temps de saisies stable et très court, temps d’attaques instable par le nombre.
Haut-niveau : pour certains combattants le système semble instable tout le temps, difficulté de saisies et dès qu’il y a saisie attaque et rupture du cycle (système instable-instable). Cependant pour les catégories lourdes, le système est instable à la saisie et plus stable après (système instable-stable).

Bibliographie
Castarlenas, P. Planas, A. (1997), « Estudi de l’estructura temporel del combat de judo », Educ. Fis. Esport , 1997, 47 : 32-39.
Rambier, R. (1991), Programmation de l’entraînement chez le judoka de haut niveau. 2ème journée médicale de la F.F.J.D.A., 1991
Sterkowicz, S. Maslej, P. (1998), An Evaluation of the technical and tactical aspects of judo matches at the seniors level, Division of Combat sports , Academy of Physical Education, Krakow, Poland

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